24 novembre 2018

ZED YUN PAVAROTTI - L'ETOILE MONTANTE DU RAP

 

 

 

ZED YUN PAVAROTTI

 

J'ai bientôt 36 ans. Et vingt ans à tenter de découvrir des artistes hip hop, d’en faire la promotion à mon échelle. Des heures à écouter des sons pour trouver les pépites du rap français. Des soirées entières à fouiner sur le net ou dans les magazines, à écumer les salles de concerts à la recherche de découverte. De Seth Gueko en 2004, à Orelsan en 2007 en passant par Vald en 2011 ou encore Gérard Baste, j’ai eu la chance de découvrir et rencontrer pas mal d’artistes qui ont aujourd’hui explosés. Depuis quelques années, pour diverses raisons, cela m’est devenu plus difficile de traquer les perles rares. La passion ne manque pas mais l’âge et ce que cela engendre fait que j’ai moins le temps. Toutefois, il arrive que, sans même chercher, la perle arrive à vos oreilles. C’est ainsi, en allant voir un concert d’Orelsan à Lille le 20 novembre 2018, que j’ai découvert Zed Yun Pavarotti.

 

Zed-Yun-Pavarotti-Septembre

Parfois, les premières parties ne sont pas toujours dans mes goûts mais là, dès le premier son de ce jeune artiste de Saint-Etienne, j’ai été convaincu et séduit. Pourtant pas forcément fan d’autotune (mais pas réfractaire non plus), plutôt partisan du rap qui « kick » et moins des mélopées aériennes, le son de Zed Yun Pavarotti m’a, malgré tout, transporté.

Le rythme lancinant n’empêche pas de dégager une énergie permanente chargée d’émotions. Les textes teintés de mélancolie et de déprime accrochent. Leur caractère parfois abstrait ajoute au mysticisme d’une entreprise musicale cohérente pleine d’envolée lyriques et lyricales. Pas Pavarotti pour rien. Bien sûr, on est loin de la puissance vocale du ténor d’où l’utilisation judicieuse et cohérente de l’autotune. Le logiciel, utilisé avec soin et intelligence couplé à la voix du rappeur apporte ce surplus d’émotion qui captive et envoûte. D’ailleurs, c’est dans les morceaux introspectifs que le rappeur montre toute l’étendue de son talent ("Septembre", "Le matin", "L’huissier" sont géniales). Dans l’égotrip ("Le Yun", par exemple), l'artiste est moins percutant que certains autres rappeurs adeptes de l'exercice mais reste à la hauteur.

 

zed yun 2

 

zed yun

 

A vingt et un ans, le rappeur a une maturité artistique et personnelle impressionnante. Alors que son dernier projet "Grand Zero", sorti sous le label "Jeune à jamais" est assez frais, Zed a débarqué il y a quelques jours avec le premier extrait de son album à venir "French Cash" : "Septembre". Comme pour ses précédents sons, le titre n'est pas clairement en lien avec le contenu de la chanson. Une mélodie aérienne et des lyrics dépressifs ("J'rêve de coma mais y'a maman" / "J'veux découvrir Paris, et puis faire jouir Paris, et puis mourir"...) à la recherche d'une anesthésie autant que de l'orgasme.Quoiqu'il arrive, le MC ne veut jamais être au "milieu" et rappelle certains rappeurs américains comme le regretté Mac Miller.

Zed Yun Pavarotti - Septembre

En plus de la fulgurance musicale, "Septembre" est accompagné d'un clip violent et bien shooté. L'image fait entièrement parti de l'univers de Zed Yun Pavarotti et n'est pas juste là pour promouvoir le produit. Une démarche artistique de plus en plus en vogue dans le milieu de la musique mais qui peut être salué vu que le clip est "home made". L'image, c'est aussi le personnage. Et il faut bien avouer qu'avec ses survêtements "Champion", son regard profond et mélancolique ainsi que ses tatouages mystérieux sur le visage, le rappeur prend soin de lier sa musique à son apparence.

Bref, si je devais parier sur un rappeur pour ces prochaines années, je mettrais un bifton sur Zed Yun Pavarotti. A suivre.

 

zed yun photo

 

Posté par biquettepower à 14:25 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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